Jocelyn Côté en finale du championnat du monde

Voir à la promotion des échecs au Québec !
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Mathieu Cloutier
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Message par Mathieu Cloutier »

De sages paroles que nous sert là Jocelyn!

En fait, Réjean, c'est assez évident merci que les échecs par correspondance et les échecs OTB ne demandent pas les mêmes qualifications. Un maître devrait savoir ça! :wink: (j'te taquine un peu)

Un autre exemple qui me vient en tête avec cette comparaison : avez-vous vu l'émission «Le cercle»? Pour bien performer à cette émission, il faut avoir un cerveau d'une rapidité incroyable! Moi-même, je me considère relativement bon en français, mais demandez moi pas de trouver 28 verbes qui commencent par «ad» en 15 secondes, je serais même pas capable d'en donner 2. Quoique, si tu sors «adouber», ça flashe! C'est comme un examen de français, mais à cadence blitz!

J'avais déjà vu une rare entrevue avec Foglia dans laquelle il disait qu'il ne voulait pas aller à la télé parce qu'il a l'air con quand il réfléchit! Et pourtant, c'est un des meilleurs journalistes au Québec. Il préfère réfléchir «par correspondance» plutôt que «live». Probablement que si il essayait d'animer une émission à la télé, on trouverait qu'il a l'air con, mais sur papier, il a l'air très intelligent.

Donc, c'est évident que quand on parle de «raisonnement» en général, que ce soit aux échecs, en français ou ailleurs, le temps et les circonstances (stress etc.) sont autant sinon plus importants que les connaissances, le jugement ou la mémoire. Certains réfléchissent bien sous pression, d'autres non. Certains réfléchissent rapidement, d'autres non. Mais ceux qui sont moins rapides sont parfois capables d'aller plus en profondeur si on leur en laisse le temps!

Si jamais les circonstances me le permettent (temps et argent), je crois bien que je vais essayer ça un jour, les échecs par correspondance. Pour l'instant, ma bibliothèque et mes logiciels ne sont probablement pas à la hauteur! Pis on parle pas de mes connaissances ou de mon jugement stratégique! :lol: :lol: :lol:

Mathieu
Un nom ne veut rien dire sur l'échiquier
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benoitstpierre
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Message par benoitstpierre »

Réjean,

Pourrais-je risquer cette réponse : parce que c'est plate, jouer dans des bingos et que sinon c'est trop long monter sa cote ?
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Francois
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Message par Francois »

Jocelyn , peux tu mettre les parties ici ? merci
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Richard Sauvé
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Message par Richard Sauvé »

Je ne suis pas d'accord avec toi, Benoît, à moins de t'avoir mal compris.

Faire monter sa cote, ce n'est pas long du tout, c'est au contraire très rapide. J'entends par là, bien sûr, que si ta cote de départ est de 1500 et que tu vaux 2200, il ne faudra pas plus d'une dizaine de tournois, et peut-être même moins, pour que ta cote grimpe de 1500 à 2200.

Pour avoir joué contre Jocelyn, et l'avoir vu jouer, je suis d'avis qu'il ne vaut pas plus de 1800 ou 1900 "over the board", à moins d'avoir fait des progrès tout récemment. Sa cote actuelle est d'ailleurs de 1842 et il n'a pas l'indice .19.

Les exploits par correspondance de Jocelyn sont d'autant plus méritoires. Les explications qu'il vient de nous donner sur ce babillard quant à sa façon de se préparer, de la bonne utilisation de son temps et des ordinateurs me font penser que, contrairement à ce que nous pensions tous, Jocelyn est vraiment un fort joueur par correpondance: après tout, des ordinateurs, tout le monde en a, comme le disait Marc Hébert. Et que Jocelyn devance Suttles, comme le remarque Nicolas Audet-Bouchard, ça force quand même un certain respect de notre part!

Comme un ami me le disait ces derniers jours, il faut maintenant considérer Jocelyn Côté comme le meilleur joueur d'échecs de Québec!

Bien qu'il ne soit pas une terreur "over the board"...
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Réjean Tremblay
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Message par Réjean Tremblay »

Le meilleur joueur en mode Centaure de Québec! :D
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benoitstpierre
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Message par benoitstpierre »

Richard,

La question de Réjean présuppose que la véritable mesure d'un joueur d'échecs, c'est la cote des bingos d'échecs. Mon point est de rappeler à Réjean que la performance d'un joueur dépend de ses motivations personnelles (ce que M. Côté disait dans son message, en passant), lesquelles n'impliquent à peu près jamais la participation aux bingos d'échecs. La pratique du jeu d'échecs ne tourne pas autour des bingos d'échecs, comme elle le fait depuis trop longtemps au Québec.

Pour le point qui t'intéresse, je ne crois pas que la cote "over the board" établisse une mesure de qu'on vaut aux échecs, vraiment, au fond dans la réalité, dans le fond de son essence, etc. La seule chose que mesure la cote, c'est la valeur que prennent les performances d'un joueur en fonction de la cote des joueurs qu'il affronte. Ce que je viens de dire peut paraître circulaire, mais l'est véritablement uniquement lorsque tout le monde joue toujours contre le même monde. Au Québec, actuellement, c'est pas mal le cas. À Québec encore plus.

À jouer toujours contre le même monde, la cote perd tout son sens.

Mon fils veut aller voir www.poissonrouge.com, faque je vais m'arrêter là. Je t'ai déjà dit ça plusieurs fois, Richard, de toute façon.
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benoitstpierre
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Message par benoitstpierre »

Richard,

J'ai un deux minutes, parce que fiston regarde les charrues ramasser la neige :

1. Une dizaine de tournois pour atteindre 2400 quand t'es 1700, c'est un peu optimiste : il a fallu une cinquantaine de tournois Thomas Roussel-Roozmon pour faire ça (sans compter que 200 points ont été gagné dans un rotation de neuf rondes...)

2. Atteindre 2400 en jouant contre du monde de la Capitale Nationale, même Réjean est pas capable ;

3. Une dizaine de tournois correspond à cinq-dix ans de pratique pour un joueur de bingo moyen, si je me rappelle bien les statistiques de la FQE.
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Nicolas Fillion
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Message par Nicolas Fillion »

vraiment, au fond dans la réalité, dans le fond de son essence, etc.
!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! Est-ce que tu referes a l'etre en soi de l'homme qua echephile? :)

P.S. Ton site de poisson rouge est tres amusant! Je viens de passer une demi-heure a m'amuser! :)
Kolya
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Message par Nicolas Fillion »

En passant Benoit, si tu veux que ton fils apprennent rapidement a gerer, je te recommande le tres pedegogique http://www.mcvideogame.com/ :)
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Réjean Tremblay
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Message par Réjean Tremblay »

benoitstpierre a écrit :2. Atteindre 2400 en jouant contre du monde de la Capitale Nationale, même Réjean est pas capable
Rappelons que pour passer de 2188 à 2303 début 2006, il a fallu que je fasse 16.5 en 17 dont ma première victoire contre un MI, avec des cotes performances de 2454 et 2373.

Je ne travaillais que 51 heures par semaine dont une seule fin de semaine de nuit par mois, je me préparais au moins 3 heures spécifiquement pour les ouvertures contre chaque adversaire au Montcalm IV et pour les 3 dernières rondes à Charlesbourg du 1er tournoi en janvier sans compter la tactique.

Bref, des conditions "idéales" (pour moi) pour bien performer! :lol:
Pour avoir 2400, il aurait probablement fallu que je fasse 22 en 17!! :lol: :lol:

Là je me prépare jusqu'à la fin juin, sans savoir avant la mi-mars si je pourrai aller au World Open, ils ont une nouvelle section moins de 2400 cette année (Chicago à la fin mai moins de 2300, c'est le même organisateur). Détail général à:http://www.chesstour.com et pour les tournois à venir:http://www.chesstour.com/refs.html
Réjean
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Message par benoitstpierre »

Réjean,

J'admire ton acharnement !

Tu admets donc avec moi qu'il faut patiner en titi pour aller chercher 2400. Il ne suffit pas d'être un 2400 : il faut le devenir !

Voici une hypothèse pour expliquer qu'un GM par correspondance ne soit qu'un 1800 : ça prend des qualités sportives (comme l'acharnement) qui dépassent les simples connaissances du jeu pour être un bon joueur OTB. : prendre de bonnes décisions pratiques, savoir gérer son stress, vouloir gagner à tout prix, avoir l'estomac solide pour digérer une fin de semaine de resto, dormir peu sans problème, etc. Sans compter la multitude d'aptitudes (anti-)sociales nécessaires à la compétition de haut niveau ;)
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Réjean Tremblay
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Message par Réjean Tremblay »

C'est peu probable que quelqu'un de Québec monte à 2400 en jouant exclusivement à Québec.

Sauf peut-être en ne jouant que dans les rotations. Et encore, je vient de faire 4 en 5 et mon gain fut de 0 point.

À partir de 2253, faudrait faire 5 en 5 probablement dans au moins 5-6 tournois rotations consécutifs.

C'est-à-dire battre des Laflamme, Beaudoin, Lessard, Sauvé, Auger, Fecteau, Champetier, Plante, Bérubé, Caire, Audet-Bouchard à toutes les parties pendant un total de 25-30 parties!! :shock: :shock:

Complètement absurde! Pis sûrement pas en travaillant 69 heures par semaine!

Et la pénalité de 100 points ajoutés à la cote FQE quand on joue aux États-Unis fait qu'il n'y a pas d'intérêt pour moi en ce moment de faire coter un tournoi hors-Québec.

Au World Open, je serai apparié avec 2353 de cote (si j'y vais).

Comme j'ai déjà dit Benoît, à partir du moment que tu as le titre de maître national, c'est la cote FIDE qui compte pour un titre supérieur et si tu veux participer au Zonal Canadien, faut s'assurer normalement d'avoir 2200 CFC.
Réjean
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benoitstpierre
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Message par benoitstpierre »

Tu as bien raison : en fin de compte, c'est la cote FIDE qui compte.

J'apporterais par contre la nuance suivante : la cote FIDE ne compterait que si elle permettait de se mesurer à une très grande variété de joueurs disponibles sur la planète. Pas en principe, toute chose étant égale par ailleurs : pour de vrai de vrai. Il faut que les bassins de cote puissent communiquer entre eux. Un peu comme les codes génétiques, finalement.

La nuance est importante, car suppose les joueurs de la Capitale Nationale ne détenir qu'une cote FIDE et ne jouer qu'au niveau local. Résultat ? Des joueurs FIDE de 1900, uniquement parce qu'ils se font battre par les qq 2000, lesquels se font battre que les deux-trois 2100, lesquels se font battre par les un-deux 2200, lesquels tu plantes à peu près tout le temps, quand tu peux dormir quatre heures d'affilée dans ton mois.

Autrement dit, une cote locale, c'est poche, même si c'est la cote FIDE.

***

Maintenant, comment faire pour rendre une cote moins poche, à part se passer des bingos, comme tu le dis si bien ? Voyager. Ce n'est pas une triste nécessité : c'est une nécessité tout court. Je ne connais pas de peuple guerrier tout à fait sédentaire. Même le village d'Astérix se rendait à Rome de temps en temps.
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Richard Sauvé
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Message par Richard Sauvé »

Benoît Saint-Pierre a écrit:
1. Une dizaine de tournois pour atteindre 2400 quand t'es 1700, c'est un peu optimiste : il a fallu une cinquantaine de tournois Thomas Roussel-Roozmon pour faire ça (sans compter que 200 points ont été gagné dans un rotation de neuf rondes...)

2. Atteindre 2400 en jouant contre du monde de la Capitale Nationale, même Réjean est pas capable ;

3. Une dizaine de tournois correspond à cinq-dix ans de pratique pour un joueur de bingo moyen, si je me rappelle bien les statistiques de la FQE.

Nous ne nous comprenons pas bien, Benoît: je supposais un bon maître international ou un grand-maître à qui on allouerait arbitrairement une cote de 1500. Je parie qu'il ne faudrait pas longtemps pour que le système de cote le propulse à sa véritable valeur, 2400 ou 2500.

L'exemple de Thomas Roussel ne convient pas: Thomas était bien loin de valoir 2400 à ses débuts. Il a progressé et sa cote l'a suivi avec les années, ce qui est quand même allé assez rapidement, parce que c'était un jeune homme sérieux et doué.

Bien entendu, ceci ne s'applique pas à un joueur qu'on voit rarement en tournoi, comme tu le dis dans ton troisième paragraphe. Le système de cote est très élastique, mais il ne peut corriger la cote de ceux qui ne jouent pas!

Les joueurs de la capitale nationale ne sont certainement pas sous-cotés: notre région étant la plus active au Québec, c'est celle où on crée le plus de points-bonis et donc, celle où les joueurs risquent le plus d'être sur-cotés. Mais sans doute pas de façon importante, car ces points en trop sont rapidement distribués. Jonathan Gottlieb, par exemple, est venu nous en extraire quelques-uns en janvier!

Ce que je vais écrire ici ne plaira sans doute pas à Réjean, mais à mon avis, la raison pour laquelle il ne peut atteindre les 2400 est celle-là même qui m'empêche, moi, d'atteindre les 2200. Et il ne peut se maintenir à 2300 pour la même raison que moi, je ne peux me maintenir à 2100 (cote que j'ai atteinte deux fois, mais très, très brièvement! :wink:

Pour atteindre les 2400 et s'y maintenir, Réjean devrait presque toujours battre des joueurs comme Auger, Fecteau, Lessard, Beaudoin, Laflamme et moi. C'est très exigeant, mais c'est ce qu'on attend d'un joueur de 2400.

Contre François Caire, Nicolas Audet-Bouchard et Antoine Bérubé, il lui "suffirait" de faire trois en quatre. Bien sûr, c'est une très grosse commande. Mais qui a dit qu'il était facile de toucher les 2400 ?
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Réjean Tremblay
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Message par Réjean Tremblay »

Salut Benoît, et parmi l'avantage de voyager, il y a la faible probabilité de jouer 2 fois contre le même joueur.

Je dois avoir joué un peu moins de 100 parties hors-Québec: j'ai joué 2 fois contre Ed Kopiecki et 2 fois contre Viktor Plotkin.

Faisons la liste:

World Open 1985: 8 rondes
World Chess Festival (1988): 8 rondes
World Open 1988: 8 rondes
New-York Open 1989: 8 rondes
World Open 1989: 10 rondes

World Open 2004: 9 rondes
American Open 2004: 8 rondes mais 7 parties.
Minneapolis 2005: 9 rondes
American Open 2005: 8 rondes
Canadian Closed 2006: 9 rondes

Total: 84 parties lentes hors-Québec.

Sans compter un semi-rapide au World Open 1988 ou 1989 d'environ 8 rondes, le semi-rapide de San Mateo près de San Francisco en 1989, 13 rondes, les 20 ans d'AEM à Kingston en 2005: 3 rondes.

En ajoutant les semi-rapides, je me ramasse à environ 108 parties hors-Québec et 3 joueurs avec qui j'ai joué 2 fois, le 3ème étant Jean Hébert à Kingston, contre qui j'ai déjà joué au Québec.
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Message par benoitstpierre »

Richard,

Tu imagines une situation où un GMI serait un 1500 : c'est un GMI avant même de le devenir pour vrai. Tu dis également que ça prendrait pas trop long pour qu'il rattrappe sa cote. Cette expérience de pensée semble servir à montrer que si M. Côté avait véritablement la "force" d'un GMI, il vaudrait plus que 1900 aux échecs en face-à-face.

Tu dois admettre que la situation que tu présentes n'est pas plausible, par-dessus tout qu'elle devrait tenir compte des difficultés qui relèvent tant de l'agent que de son environnement. Tu le fais déjà un peu en précisant que Thomas était sérieux et doué. Son parcours montre bien qu'en réalité, à jouer des bingos au Québec, ça prend du temps, même avec tout le sérieux du monde. De dire que "c'était pas encore un maître" n'explique rien : pour bien performer durant les parties OTB, il faut d'autres connaissances (transversales, mettons) que l'étude des échecs, ce à quoi ressemblent plus les parties par correspondance.

Difficile donc d'être vraiment un GMI avant de le devenir. Pour le devenir, d'habitude on joue ; en jouant, on monte sa cote. Or, bien jouer ne se résume pas à bien comprendre le jeu : par exemple, bien mémoriser son répertoire d'ouvertures n'a que très peu à voir avec la compréhension du jeu "comme tel".

Je ne sais pas trop comment te dire ça de manière plus simple, sinon en disant que c'est en forgeant qu'on devient forgeron, que l'existence précède l'essence, etc.

***

Je persiste à croire que les cotes québécoises sont vouées à la déflation, tant qu'il y a plus de personne qui débarque qu'il y en a qui embarque. Surtout, tant que ceux qui jouent ensemble jouent toujours ensemble. Pour qu'il soit représentatif de qqch, le système doit pouvoir sortir de sa "ghettoisation". On remarque le même phénomène par en haut, par ailleurs : c'est difficile de devenir un 2700 sans jouer contre des 2700. Rendu là, un système de rang ferait beaucoup mieux l'affaire.
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Message par Jocelyn Côté »

benoitstpierre a écrit :Richard,

Tu imagines une situation où un GMI serait un 1500 : c'est un GMI avant même de le devenir pour vrai. Tu dis également que ça prendrait pas trop long pour qu'il rattrappe sa cote. Cette expérience de pensée semble servir à montrer que si M. Côté avait véritablement la "force" d'un GMI, il vaudrait plus que 1900 aux échecs en face-à-face.
:shock: Ne vous en déplaise de ne pas vouloir comprendre :?: "jouer OTB" çà reste un sport où il faut performer en continu et surtout s'entraîner en continu...
mais aussi, il faut le faire de la bonne façon...

Je ne suis pas le seul à le pensée, je viens de lire quelque chose dans le même sens de ce qui est débattu ici. Cela a été écrit par un joueur Canadien par correspondance FM Dr. Eugene S. Martinovsky (1931-2000) :

<< My friend and one time opponent, Aachim Soltau from Hamburg, Germany, is a GM in correspondence chess and only a 2150 player in otb chess. He said, "the otb chess is a sport, a competition, the correspondence chess is the Art." >>

Voici la référence, c'est à la fin de la 3e partie :
http://www.correspondencechess.com/marconi/mar.htm

Pour expliquer le grand saut de cote que j'ai pu faire, j'avais 2091 à la CCCA, gagné graine à graine, en débutant avec 1800 de cote. J'ai trouvé cela assez long.

J'ai eu la chance que la ICCF cherchait des joueurs pour son tournoi de semi-finale au championat du monde. (Surtout parce que c'était commandité par un commanditaire "New in Chess")

J'ai donc eu la chance de jouer contre des joueurs beaucoup plus forts de cote...
Cela donne comme "un petit coup de pied au cul", (s'cusé l'expression), je peux dire qu'il ne suffit pas de "pousser du bois"... c'est la façon de le faire, les idées qui apparaîtront plus tard :idea: dans la partie, c'est ce qui fait la différence.

Pour être plus précis, je vous dis que tout est dans les finales, il faut utiliser l'ouverture et le milieu de partie comme un tremplin. Donc, il faut étudier et travailler les finales à fond. Les ordinateurs ne permettent que d'éviter les problèmes tactiques immédiats des ouvertures et des milieux de parties. Ils sont aveugles en finales.

Réjean est sur la bonne voie avec son travail sur les finales de Dvorestsky, il ne s'est pas contenter de ce qui est écrit... il est aller plus loin et découvre que la case où se trouve le Roi à un moment donné fera la différence dans le résultat de la partie, peut-être seulement dans 30-40 coups plus tard.

C'est comme l'artiste peintre qui place une grande couche de fond sur sa toîle avant même d'avoir tiré un trait... on ne voit la différence qu'une fois la toîle terminée :shock: . (Note : Pour ceux qui pourront savourer la différence)

Quand au désespoir de Réjean, il aurait avantage à déménager en Europe, là le bassin de joueurs est plus considérable qu'en Amérique.

Salutations à tous !
Jocelyn Côté
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Richard Sauvé
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Message par Richard Sauvé »

La situation est un peu désespérante, Benoît: quand deux individus discutent, il arrive souvent qu'ils diffèrent d'avis et ne peuvent se mettre d'accord sur une situation donnée. Mais ce qui nous arrive ici est pire: je n'arrive pas à te faire comprendre ce que je pense (que tu sois d'accord ou non), sans doute parce que je ne suis pas encore arrivé à bien l'expliquer.

Quand tu dis que "la situation que je présente n'est pas plausible", veux-tu dire que si, par exemple, Anand venait s'installer au Québec et se mettait à jouer régulièrement dans nos tournois, on ne lui attribuerait jamais une cote de 1500 pour commencer ? Evidemmment! Mais je SUPPOSE simplement que la chose se fasse pour tenter une expérience, pour voir si la cote FQE d'Anand s'ajusterait rapidement à sa force...

Je suis d'avis qu'en pareil cas, Anand atteindrait rapidement les 2600, puisqu'il battrait tout le monde presque tout le temps. Grimper jusqu'à 2700 pourrait cependant être un peu plus long, je te l'accorde, parce qu'il n'y a pas de joueurs de 2600 au Québec: depuis la retraite de Lesiège, il n'y a plus de joueur établi au-dessus des 2500. A propos, Lesiège se maintenait facilement 100 points au-dessus du deuxième en cote FQE, quand il jouait, et je suis sûr qu'il aurait conservé son 2500 s'il était venu habiter à Québec pour jouer dans nos petits tournois.

La force de Thomas Roussel a beaucoup changé à mesure qu'il grandissait, et sa cote a suivi parallèlement, comme il est normal.

Je ne pensais pas à Jocelyn Côté dans cette argumentation. Le cas de Jocelyn est différent. Tu nous parles, Jocelyn, d'un grand-maître par correspondance (Aachim Soltau) qui avait une cote "OTB" de 2150 seulement. Ce n'est pas très difficile à croire. Mais toi, tu n'as jamais atteint les 1900 "OTB"! C'est une marche plus haute encore que tu franchis, de l'"OTB" à la correspondance! Remarque, cela n'enlève rien à ton mérite, au contraire, ça en rajoute!

L'explication que tu nous donnes dans ta dernière intervention est fascinante: les très bons joueurs par correspondance, dont tu es, sont de grand spécialistes des finales: grâce à l'ordinateur, ils peuvent la plupart du temps éviter les pièges tactiques des milieux de partie de sorte que c'est celui qui juge le mieux si telle finale est favorable ou non, qui gagnera. Et quand il se trompe, s'étant engagé dans une finale moins avantageuse qu'il le croyait, il aura plus de chances qu'un autre de s'en tirer, se servant de sa meilleure compréhension de cette phase de la partie. Ai-je bien compris ?
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Mathieu Cloutier
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Message par Mathieu Cloutier »

Richard, si ça peut te rassurer : j'ai compris ton exemple et je suis pas mal d'accord avec ce que tu dis.

J'ai même des chiffres pour appuyer ce que tu dis!

J'ai fait une «simulation» de l'expérience que tu suggères, c'est-à-dire d'accorder artificiellement une cote de 1500 à un GM, juste pour voir combien de temps ça lui prendrait pour remonter. Pour l'expérience, j'ai supposé que notre GM joue des bingos de 5 rondes contre une opposition moyenne de 2100 et qu'il gagne toutes ses parties, ce qui n'est pas trop farfelu pour un GMI. C'est vraiment juste pour avoir une idée.

Résultat : en 5 bingos, le GMI serait passé de 1500 à 2343. Et il faudrait deux autres bingos pour monter à 2407. Donc un gain de 907 points en 35 parties. Les derniers 100 points sont difficiles à aller chercher, mais c'est juste parce que je suppose une opposition moyenne à 2100. Pour remonter sa cote de 2400 à 2500, il faudrait que le GM affronte des joueurs un peu plus forts.

Aussi, j'ai refait la même expérience, mais en prenant le COQ (9 rondes) comme bingo. Résultat, en 3 COQ (avec 9/9 contre des 2100), notre GM passerait de 1500 à 2423. Un gain de 923 points en 27 parties.

Donc oui, la cote, surtout la cote FQE, s'ajuste rapidement à la force réelle d'un joueur. Les points bonis aident d'ailleurs beaucoup lorsque vient le temps de remonter la cote d'un joueur sous-coté.

Pour ceux que ça intéresse, je vous laisse les détails de mon «expérience» :

Pour les bingos de 5 rondes :
tournoi - cote avant - cote après - variation - bonus
1- 1500 - 1788 - 288 - 131
2- 1788 - 2037 - 249 - 112
3- 2037 - 2200 - 163 - 68
4- 2200 - 2289 - 89 - 32
5- 2289 - 2343 - 54 - 14
6- 2343 - 2381 - 38 - 6
7- 2343 - 2407 - 26 - 0

Et pour les bingos à 9 rondes
tournoi - cote avant - cote après - variation - bonus
1- 1500 - 2030 - 530 - 248
2- 2030 - 2342 - 312 - 139
3- 2342 - 2423 - 81 - 24

On voit bien l'effet des points bonis au tout début. Effet qui s'estompe à mesure que le sujet s'approche de sa vraie cote.

A+

Mathieu
Un nom ne veut rien dire sur l'échiquier
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benoitstpierre
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Message par benoitstpierre »

Mathieu,

J'avais anticipé ce genre de simulation : si tu n'as aucune chance de gain (1500 vs 2100), alors tu gagnes 160 points en faisant 5 en 5, plus les points bonis ! C'est même en réfléchissant à ce genre de situation que je me suis mis à regarder des cas particuliers, comme Thomas. Pis là, je me suis demandé : pourquoi est-ce qu'on imagine cette expérience de pensée au juste ? Réponse plausible : pour valider l'intuition à l'effet qu'une cote estime la compréhension du jeu. C'est même plus fort que ça : grosse cote équivaudrait à grosse compréhension du jeu. Je ne crois pas que cette intuition soit raisonnable, alors je donne des raisons de croire qu'elle est déraisonnable.

***

Si on voulait prendre au sérieux ce genre de simulation, il faudrait :

Faire jouer le 1500 dans le C au début, parce qu'on n'accepte plus de 1500 dans le A. Il faudrait faire les simulations en partant avec une opposition moyenne de 1700, en supposant qu'il joue dans une classe -1900 assez forte. Ça devrait rajouter qq tournois.

Supposer que le 1500 ne gagne pas toujours contre une moyenne de 2100, à savoir autant de 1800 que de 2400. Ni Lesiège, ni Spraggett ne gagnaient toutes les parties dans cet environnement. Il faudrait regarder combien de tournois ça prendrait si le 1500 annulait, ou pire s'il n'en perd qu'une seule.

Ensuite, on devrait étaler la performance obtenue sur une période correspondant à une pratique moyenne, soit un ou deux tournois par an. Cinq bingos : deux ans et demi de pratique ; trois COQ : trois ans. Les dix bingos envisagés au départ : cinq ans de pratique.

Mon but n'est pas de réfuter le modèle mathématique sur lequel repose la cote ELO, simplement de donner des raisons de croire que de raisonner dans l'absolu, ça peut abstraire des détails importants des cas particuliers. Imaginer des corps sans friction dans l'espace, c'est bien en physique, mais c'est moins intéressant lorsqu'on cherche à étudier les mises en échec de Francis Bouillon.

***
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