Le fonctionnement du cerveau aux échecs et autres
- Réjean Tremblay
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Le fonctionnement du cerveau aux échecs et autres
Très intéressante étude dans Scientific American, août 2006 (ramassé sur Chesstalk anglais):
Lien: http://www.sciam.com/article.cfm?chanID ... =6&catID=2
Un extrait qui devrait réfléchir:
"Ericsson argues that what matters is not experience per se but "effortful study," which entails continually tackling challenges that lie just beyond one's competence. That is why it is possible for enthusiasts to spend tens of thousands of hours playing chess or golf or a musical instrument without ever advancing beyond the amateur level and why a properly trained student can overtake them in a relatively short time. It is interesting to note that time spent playing chess, even in tournaments, appears to contribute less than such study to a player's progress; the main training value of such games is to point up weaknesses for future study."
Pour ceux qui ne lisent pas l'anglais, interprétons en disant que vos milliers de parties de tournois et millions de blitz sur Internet aident moins à la progression que le temps passé à étudier sérieusement le jeu.
Et que les parties de tournois servent principalement à identifier nos faiblesses, point de départ d'une prochaine étude.
Lien: http://www.sciam.com/article.cfm?chanID ... =6&catID=2
Un extrait qui devrait réfléchir:
"Ericsson argues that what matters is not experience per se but "effortful study," which entails continually tackling challenges that lie just beyond one's competence. That is why it is possible for enthusiasts to spend tens of thousands of hours playing chess or golf or a musical instrument without ever advancing beyond the amateur level and why a properly trained student can overtake them in a relatively short time. It is interesting to note that time spent playing chess, even in tournaments, appears to contribute less than such study to a player's progress; the main training value of such games is to point up weaknesses for future study."
Pour ceux qui ne lisent pas l'anglais, interprétons en disant que vos milliers de parties de tournois et millions de blitz sur Internet aident moins à la progression que le temps passé à étudier sérieusement le jeu.
Et que les parties de tournois servent principalement à identifier nos faiblesses, point de départ d'une prochaine étude.
Réjean
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François Pichette
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Cet extrait que tu cites s'inscrit dans la foulée de l'hypothèse "i+1" de Stephen Krashen (1982) pour l'apprentissage d'une langue seconde: l'apprentissage serait optimal lorsque l'apprenant est confronté à du matériel légèrement au dessus de son seuil de compétence actuel (i). Bref, c'est de la simple logique qui se résume à "on n'apprend pas grand chose si c'est trop facile car on le sait déjà, et on n'apprend pas grand chose non plus si c'est trop difficile pour nous".
- Antoine Bérubé
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Personnellement, je ne suis pas sur si je suis d'accord avec ca.
En jouant des blitz, on apprend a reconnaitre plus rapidement et efficacement certains motifs tactiques classiques. Nous perdons moins de temps la-dessus dans nos parties lentes car notre sens tactique est plus aiguisé.
Bref, les blitz peuvent nous permettre de découvrir un plan rapidement en lente et ainsi on aura plus de temps pour le préparer en détail. Enfin, la pratique du blitz est toujours utile lorsqu'on se retrouve en pression de temps dans une vraie partie.
Toi Réjean, es-tu plutot d'accord avec l'article présenté?
Et si oui, pourquoi?
En jouant des blitz, on apprend a reconnaitre plus rapidement et efficacement certains motifs tactiques classiques. Nous perdons moins de temps la-dessus dans nos parties lentes car notre sens tactique est plus aiguisé.
Bref, les blitz peuvent nous permettre de découvrir un plan rapidement en lente et ainsi on aura plus de temps pour le préparer en détail. Enfin, la pratique du blitz est toujours utile lorsqu'on se retrouve en pression de temps dans une vraie partie.
Toi Réjean, es-tu plutot d'accord avec l'article présenté?
Et si oui, pourquoi?
Antoine Bérubé
- Dominick Blanchette
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NB -- Ce qui suit exige un effort de lecture et présuppose la familiarité avec un certain vocabulaire académique. Faire plus simple impliquerait plus de temps de rédaction et beaucoup plus de mots.
&&&&
François,
L'hypothèse est d'une évidence telle qu'on pourrait la croire triviale. Mettons qu'apprendre, c'est apprendre qqch d'autre que ce qu'on sait déjà. Il y a alors de bonne chance pour que l'apprentissage s'améliore en pratiquant ce qu'on ne sait pas. Ce qu'il faut valider, c'est que pratiquer ce qui est inaccessible ne sert à rien. Je parlerais alors de complexité, pour faire écho au concept algorithmique.
(Le i + 1 en question n'est pas clair : on ignore
si le i se ramène à un chiffre, on ne sait pas à quoi correspond le 1, on peut douter qu'il y ait un + dans cette histoire. Je le laisse de côté.)
Le problème, c'est que l'apprentissage et l'expérience ne se séparent pas comme ça. S'imaginer que l'apprentissage implique un effort de réflexion relève du réflexe rationaliste des débuts du domaine. Des méchantes langues appellent ça l'erreur cognitiviste. C'est anthropocentrique, car ça n'explique pas les mécanismes d'adaptation de systèmes non biologiques. Pire, c'est chauvin, car ça explique mal l'apprentissage des autres animaux.
Je suis tenté d'expliquer cette erreur en disant que le cognitiviste plusieurs types de complexité.
La complexité peut relever du mécanisme de solution : pratiquer les finales Dame vs Dame et pion ne sert pas à grand débutant.
(C'est ici que les cognitivistes exagère selon moi, en insistant pour "réduire" le raisonnement à un processus algorithmique, alors qu'on ne peut pas faire grand chose de plus fort qu'une machine de Turing selon moi, mais c'est un détail.)
La complexité peut aussi relever du temps pour résoudre : pratiquer des finales de tours dans des une minute ne sert qu'à se stresser en relaxant.
La complexité peut aussi relever du canal d'accès lui-même : tenter de se remémorer à l'aveugle les variantes de son livre sur le pion empoisonné n'est que de peu d'utilité pour celui qui ne sait pas mater fou-cavalier.
***
Tout ça pour dire que selon moi, l'apprentissage exige des situations plus complexes, pas nécessairement un "effort de réflexion". La complexité peut relever de l'expérience : jouer des blitz n'est pas rien, comme le rappelle Antoine. Surtout, l'apprentissage implique une certaine charge émotive : on doit vouloir apprendre, on doit aimer apprendre, y tirer du plaisir, etc. (Si je ne mêlais pas de mes affaires, je dirais que c'est la force principale chez Réjean et une importante faiblesse chez Antoine.) Les cognitivistes entretiennent un drôle de rapport avec les émotions.
Je ne suis pas encore tout à fait sûr de ce que je viens de dire, mais j'y ai assez réfléchi à mon affaire pour être capable de convaincre pas mal de monde.
&&&&
François,
L'hypothèse est d'une évidence telle qu'on pourrait la croire triviale. Mettons qu'apprendre, c'est apprendre qqch d'autre que ce qu'on sait déjà. Il y a alors de bonne chance pour que l'apprentissage s'améliore en pratiquant ce qu'on ne sait pas. Ce qu'il faut valider, c'est que pratiquer ce qui est inaccessible ne sert à rien. Je parlerais alors de complexité, pour faire écho au concept algorithmique.
(Le i + 1 en question n'est pas clair : on ignore
si le i se ramène à un chiffre, on ne sait pas à quoi correspond le 1, on peut douter qu'il y ait un + dans cette histoire. Je le laisse de côté.)
Le problème, c'est que l'apprentissage et l'expérience ne se séparent pas comme ça. S'imaginer que l'apprentissage implique un effort de réflexion relève du réflexe rationaliste des débuts du domaine. Des méchantes langues appellent ça l'erreur cognitiviste. C'est anthropocentrique, car ça n'explique pas les mécanismes d'adaptation de systèmes non biologiques. Pire, c'est chauvin, car ça explique mal l'apprentissage des autres animaux.
Je suis tenté d'expliquer cette erreur en disant que le cognitiviste plusieurs types de complexité.
La complexité peut relever du mécanisme de solution : pratiquer les finales Dame vs Dame et pion ne sert pas à grand débutant.
(C'est ici que les cognitivistes exagère selon moi, en insistant pour "réduire" le raisonnement à un processus algorithmique, alors qu'on ne peut pas faire grand chose de plus fort qu'une machine de Turing selon moi, mais c'est un détail.)
La complexité peut aussi relever du temps pour résoudre : pratiquer des finales de tours dans des une minute ne sert qu'à se stresser en relaxant.
La complexité peut aussi relever du canal d'accès lui-même : tenter de se remémorer à l'aveugle les variantes de son livre sur le pion empoisonné n'est que de peu d'utilité pour celui qui ne sait pas mater fou-cavalier.
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Tout ça pour dire que selon moi, l'apprentissage exige des situations plus complexes, pas nécessairement un "effort de réflexion". La complexité peut relever de l'expérience : jouer des blitz n'est pas rien, comme le rappelle Antoine. Surtout, l'apprentissage implique une certaine charge émotive : on doit vouloir apprendre, on doit aimer apprendre, y tirer du plaisir, etc. (Si je ne mêlais pas de mes affaires, je dirais que c'est la force principale chez Réjean et une importante faiblesse chez Antoine.) Les cognitivistes entretiennent un drôle de rapport avec les émotions.
Je ne suis pas encore tout à fait sûr de ce que je viens de dire, mais j'y ai assez réfléchi à mon affaire pour être capable de convaincre pas mal de monde.
- Réjean Tremblay
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Antoine, ça explique des choses, t'as étudié tes finales en blitz!!!
Sérieusement, je n'ai jamais joué beaucoup. En comptant mes parties CFC et celles de la USCF non-cotés FQE, j'ai moins de 100 parties lentes de plus que toi et ça va faire 25 ans en décembre que j'ai joué mon 1er tournoi!
Pour les blitz, j'en ai joué environ 1000 sur Yahoo 2-3 ans avant de revenir en 2003 puis j'ai arrêté. J'en ai assez peu joué depuis mon retour.
Mais j'ai remarqué au début de l'année qu'un coup le Montcalm IV et simultanément le 1er tournoi de l'hiver à Charlesbourg, puis surtout au Carnaval où j'ai dormi environ 8 heures durant la fin de semaine, j'étais assez vidé. Même la 5ème ronde du Montcalm IV contre Claude avait été atroce. Faut dire que j'avais joué un 8 rondes à Wasington juste avant de recommencer en janvier. Ça faisait pas mal d'échecs en peu de temps.
Mais je ne travaillais qu'une fin de semaine de nuit par mois et les autres fin de semaines de soir, ça n'explique pas tout. J'avais comme une saturation et un besoin de moins jouer et d'étudier. Ma présence à tout prix à Trois-Rivières dans des conditions extrêmes et dangereuses étaient motivées par l'atteinte de mon objectif "ultime" en 2006: avoir pour la 1ère fois de ma vie 2300 de cote.
Mais un coup cet objectif atteint, il y a eu un vide: nous étions à la mi-mars, il restait 9 mois et demi à l'année et je n'avais plus d'objectif à atteindre! J'étais dû pour un break.
Ça fait 5 mois que je n'ai pas joué, j'ai emménagé dans un nouvel appartement qui doit être 2 fois plus grand qu'avant, j'ai acheté une table qui peut mettre 2 jeux d'échecs et un livre entre 2 pour analyser (Je ne m'en suis pas encore servi, j'analyse devant l'écran d'ordi à date!), une belle bibliothèque pour mes livres d'échecs (l'ancienne était un restant d'un magasin de liquidation), je reste près de mes enfants maintenant, etc... Il y avait beaucoup de facteurs externes aux échecs à régler avant que je rejoue.
J'ai gratté les fonds de tiroir pour pouvoir participer au Canadian Closed, pour avoir une chance de devenir MF ou au minimum prendre plus d'expérience contre des joueurs plus forts.
En gros, je me fixe des objectifs, je joue modérément (je le sens maintenant quand je dois prendre une pause), je mets beaucoup plus de temps à étudier qu'à jouer.
Sérieusement, je n'ai jamais joué beaucoup. En comptant mes parties CFC et celles de la USCF non-cotés FQE, j'ai moins de 100 parties lentes de plus que toi et ça va faire 25 ans en décembre que j'ai joué mon 1er tournoi!
Pour les blitz, j'en ai joué environ 1000 sur Yahoo 2-3 ans avant de revenir en 2003 puis j'ai arrêté. J'en ai assez peu joué depuis mon retour.
Mais j'ai remarqué au début de l'année qu'un coup le Montcalm IV et simultanément le 1er tournoi de l'hiver à Charlesbourg, puis surtout au Carnaval où j'ai dormi environ 8 heures durant la fin de semaine, j'étais assez vidé. Même la 5ème ronde du Montcalm IV contre Claude avait été atroce. Faut dire que j'avais joué un 8 rondes à Wasington juste avant de recommencer en janvier. Ça faisait pas mal d'échecs en peu de temps.
Mais je ne travaillais qu'une fin de semaine de nuit par mois et les autres fin de semaines de soir, ça n'explique pas tout. J'avais comme une saturation et un besoin de moins jouer et d'étudier. Ma présence à tout prix à Trois-Rivières dans des conditions extrêmes et dangereuses étaient motivées par l'atteinte de mon objectif "ultime" en 2006: avoir pour la 1ère fois de ma vie 2300 de cote.
Mais un coup cet objectif atteint, il y a eu un vide: nous étions à la mi-mars, il restait 9 mois et demi à l'année et je n'avais plus d'objectif à atteindre! J'étais dû pour un break.
Ça fait 5 mois que je n'ai pas joué, j'ai emménagé dans un nouvel appartement qui doit être 2 fois plus grand qu'avant, j'ai acheté une table qui peut mettre 2 jeux d'échecs et un livre entre 2 pour analyser (Je ne m'en suis pas encore servi, j'analyse devant l'écran d'ordi à date!), une belle bibliothèque pour mes livres d'échecs (l'ancienne était un restant d'un magasin de liquidation), je reste près de mes enfants maintenant, etc... Il y avait beaucoup de facteurs externes aux échecs à régler avant que je rejoue.
J'ai gratté les fonds de tiroir pour pouvoir participer au Canadian Closed, pour avoir une chance de devenir MF ou au minimum prendre plus d'expérience contre des joueurs plus forts.
En gros, je me fixe des objectifs, je joue modérément (je le sens maintenant quand je dois prendre une pause), je mets beaucoup plus de temps à étudier qu'à jouer.
Réjean
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Oups, j'ai oublié de dire que j'étais d'accord avec l'article!
Je partage quelques réflections:
Il y a différents types de joueurs qui fréquentent nos tournois:
1) Les joueurs qui ont atteint leur plein potentiel et qui jouent avant tout pour le plaisir mais qui préfèrent jouer contre des joueurs de leurs forces.
2) Les joueurs qui ont atteint leur plein potentiel et qui jouent avant tout pour le plaisir mais pour qui la cote de l'adversaire n'a aucune importance.
3) Les joueurs en progression qui veulent jouer contre plus fort, exemple Samuel Bourassa, David Vallières et François Gagnon.
4) Les éliteux, qui veulent au moins devenir maître national.
L'utilité d'alterner tournois et études est surtout pour les groupes 3 et 4.
J'ai toujours cru, et j'y crois encore, qu'on a un maximum de parties à jouer dans l'année pour progresser. Au-delà de ça, on envoie des points de cotes par la malle!
Plusieurs ont soulevé cette raison pour la baisse récente de cote de Anand (Il est passé de 2803 à 2779) : il a joué 26 parties dans le dernier trimestre comptant pour la liste de cote du 1er juillet. Habituellement, il en joue moins de 20 par trimestre.
Pour le groupe 4, une cote, ça se gère si on veut atteindre nos objectifs.
L'exemple le plus frappant qui me vient à l'esprit, c'est au début de l'année: même résultat au Montcalm et à Charlesbourg (5/5): + 80 points de cote au Montcalm IV et + 11 à Charlesbourg. À 4.5/5 à Charlesbourg, j'aurais perdu 5 points de cotes!
C'est pénible pour la motivation de gagner un tournoi avec 4.5/5 et de voir sa cote baissée. Ça peut être remplacer avantageusement par 5 soirs partiels ou complètes d'études (Ça n'empêche pas d'aller au club ou de faire un tour à la Bourgeoise!
)
Je partage quelques réflections:
Il y a différents types de joueurs qui fréquentent nos tournois:
1) Les joueurs qui ont atteint leur plein potentiel et qui jouent avant tout pour le plaisir mais qui préfèrent jouer contre des joueurs de leurs forces.
2) Les joueurs qui ont atteint leur plein potentiel et qui jouent avant tout pour le plaisir mais pour qui la cote de l'adversaire n'a aucune importance.
3) Les joueurs en progression qui veulent jouer contre plus fort, exemple Samuel Bourassa, David Vallières et François Gagnon.
4) Les éliteux, qui veulent au moins devenir maître national.
L'utilité d'alterner tournois et études est surtout pour les groupes 3 et 4.
J'ai toujours cru, et j'y crois encore, qu'on a un maximum de parties à jouer dans l'année pour progresser. Au-delà de ça, on envoie des points de cotes par la malle!
Plusieurs ont soulevé cette raison pour la baisse récente de cote de Anand (Il est passé de 2803 à 2779) : il a joué 26 parties dans le dernier trimestre comptant pour la liste de cote du 1er juillet. Habituellement, il en joue moins de 20 par trimestre.
Pour le groupe 4, une cote, ça se gère si on veut atteindre nos objectifs.
L'exemple le plus frappant qui me vient à l'esprit, c'est au début de l'année: même résultat au Montcalm et à Charlesbourg (5/5): + 80 points de cote au Montcalm IV et + 11 à Charlesbourg. À 4.5/5 à Charlesbourg, j'aurais perdu 5 points de cotes!
Réjean
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Ayoye... je serai toujours surpris d'entendre qu'un joueur gère sa cote...
C'est certainement parce que je ne suis même pas rendu à effleurer la clôture qui sépare "jouer pour le plaisir" et "jouer pour la cote"...
Jean Picard de Trois-Rivières m'a raconté une histoire à ce propos. Alors qu'il jouait contre un 2300 et quelques dans un tournoi, un joueur avait pris beaucoup de temps avant d'accepter une nulle contre lui qui était coté à 200 points de moins. Le joueur en question a pris tout ce temps non pas pour juger la position, mais plutôt pour calculer combien de points de cotes il allait perdre s'il annullait contre lui
! Plutôt incroyable, non?
La cote est un merveilleux outil... mais lorsqu'on la prend trop au sérieux, ça devient un boulet je trouve... et ça explique aussi pourquoi certains joueurs abandonnent des tournois alors qu'il reste plusieurs rondes à jouer.
Mais je ne repartirai pas ce débat... il a déjà eu lieu auparavant
C'est certainement parce que je ne suis même pas rendu à effleurer la clôture qui sépare "jouer pour le plaisir" et "jouer pour la cote"...
Jean Picard de Trois-Rivières m'a raconté une histoire à ce propos. Alors qu'il jouait contre un 2300 et quelques dans un tournoi, un joueur avait pris beaucoup de temps avant d'accepter une nulle contre lui qui était coté à 200 points de moins. Le joueur en question a pris tout ce temps non pas pour juger la position, mais plutôt pour calculer combien de points de cotes il allait perdre s'il annullait contre lui
La cote est un merveilleux outil... mais lorsqu'on la prend trop au sérieux, ça devient un boulet je trouve... et ça explique aussi pourquoi certains joueurs abandonnent des tournois alors qu'il reste plusieurs rondes à jouer.
Mais je ne repartirai pas ce débat... il a déjà eu lieu auparavant
Ciao!
Dominick Blanchette
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Réjean,
C'est sur qu'étudier beaucoup dans des livres est certainement bon, mais jouer beaucoup de parties n'est surement pas si inférieur comme technique non?
Un exemple est le GM Nakamura de qui on dit qu'il na jamais vrmt etudier mais plutot joué des tonnes de parties blitz et lentes.
C'est sur qu'étudier beaucoup dans des livres est certainement bon, mais jouer beaucoup de parties n'est surement pas si inférieur comme technique non?
Un exemple est le GM Nakamura de qui on dit qu'il na jamais vrmt etudier mais plutot joué des tonnes de parties blitz et lentes.
Antoine Bérubé
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Et pour la tactique, oui ça ne nuit pas de jouer des blitz, mais mes plus beaux coups à vie et mes plus belles combinaisons ont nécessité plus de 5 minutes. Fg8 contre Petersson à Morrisburg a été joué après 15 minutes et vu après 12 minutes. Seul dxe6 suivi de e7 et e8-D dans la même partie m'est apparu comme un flash. Tb3 contre Tanaka à Los Angeles a nécessité plus de 5 minutes, etc...
Je pense que la résolution de 1817 problèmes tactiques de encyclopedia of chess middlegames, ou de 2000 problèmes dans Anthology of chess combinations ou du site wtharvey.com et même les problèmes du jour sur chessgames et sur le site de la FQE sont plus utiles que des milliers de blitz.
Mais je suis passé à un autre niveau: trouver des combinaisons quand ce n'est pas écrit que les Blancs ou les Noirs jouent et gagnent.
Je lit le kibitzer's corner des parties sur chessgames et on y découvre des analyses d'autres joueurs, souvent faites avec Fritz.
Il faut analyser beaucoup de parties de GM.
Et toujours remettre en question ce qu'on lit. J'ai trouvé au moins 2 variantes pas assez approfondie dans le livre de finale de Dvoretsky.
Je les ai déjà publiées ici, j'en remets une:
Position initiale:

Position où j'ai analysé une autre suite que celle proposée (Noirs à jouer):

Dvoretsky propose 1...Rg7 2. Rg5 c3 3. h6+ Rg8 4. Rf6 c2 5. h7+ Rh8 6. g7+ Rxh7 7. Rf7 c1-D 8. g8-D+ Rh6 9. Dg6+ mat.
Mais 1...Re6 ou Re7 ne sont pas analysés: j'ai trouvé 2. h6 Rf6 (ou 2...Rf8 si possible) 3. h7 Rg7 4. Rf5 c3 5. Re6 c2 6. h8-D+ Rxh8 7. Rf7 c1-D 8. g7+ Rh7 9. g8-D+ Rh7 10. g8-D+ mat.
La variante a 1 coup de plus, nécessite un sacrifice de pion alors que le pion g est à 2 cases de damer et le roi pas encore en soutien pour faire damer le dernier pion. Les Noirs dament avec le pion blanc à g6. Bref je la juge plus difficile que la suite 1...Rg7.
Je pense que la résolution de 1817 problèmes tactiques de encyclopedia of chess middlegames, ou de 2000 problèmes dans Anthology of chess combinations ou du site wtharvey.com et même les problèmes du jour sur chessgames et sur le site de la FQE sont plus utiles que des milliers de blitz.
Mais je suis passé à un autre niveau: trouver des combinaisons quand ce n'est pas écrit que les Blancs ou les Noirs jouent et gagnent.
Je lit le kibitzer's corner des parties sur chessgames et on y découvre des analyses d'autres joueurs, souvent faites avec Fritz.
Il faut analyser beaucoup de parties de GM.
Et toujours remettre en question ce qu'on lit. J'ai trouvé au moins 2 variantes pas assez approfondie dans le livre de finale de Dvoretsky.
Je les ai déjà publiées ici, j'en remets une:
Position initiale:
Position où j'ai analysé une autre suite que celle proposée (Noirs à jouer):
Dvoretsky propose 1...Rg7 2. Rg5 c3 3. h6+ Rg8 4. Rf6 c2 5. h7+ Rh8 6. g7+ Rxh7 7. Rf7 c1-D 8. g8-D+ Rh6 9. Dg6+ mat.
Mais 1...Re6 ou Re7 ne sont pas analysés: j'ai trouvé 2. h6 Rf6 (ou 2...Rf8 si possible) 3. h7 Rg7 4. Rf5 c3 5. Re6 c2 6. h8-D+ Rxh8 7. Rf7 c1-D 8. g7+ Rh7 9. g8-D+ Rh7 10. g8-D+ mat.
La variante a 1 coup de plus, nécessite un sacrifice de pion alors que le pion g est à 2 cases de damer et le roi pas encore en soutien pour faire damer le dernier pion. Les Noirs dament avec le pion blanc à g6. Bref je la juge plus difficile que la suite 1...Rg7.
Réjean
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Si tu connais un jour un tournoi où tu gagnes avec 4.5/5 et tu perds 9 points de cote, tu comprendras! Ça m'est arrivé à l'Estival II 2004. (Score probable de 4.73)Dominick Blanchette a écrit :Ayoye... je serai toujours surpris d'entendre qu'un joueur gère sa cote...
Un rotation avec un score probable légèrement en bas de 4 ? Oui les 2 yeux fermés!
Ce sont des problèmes d'éliteux tout ça...
Réjean
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OK. C'est pour ça que j'ai dit que j'ai de la difficulté à comprendre. Mais selon ce que tu me dis, maintenant tu joues pour la cote tandis qu'un amateur comme moi jouera pour autre chose (s'amuser, le défi, jouer une belle partie, apprendre, faire de nouvelles rencontres). Donc ce que je comprends, c'est que plus notre cote monte, moins on a de raisons à vouloir jouer aux échecs en compétition... ouf!

Ciao!
Dominick Blanchette
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Ok, maintenant je te comprends un peu plus dans ta sélection de tournois, Réjean. Tu les priorises pour maximiser ton expérience et ta cote, ce qui est tout à fait correcte. Mais si jamais la situation hypothétique que j'ai décrite un peu plus haut arrivait (tu as une envie irrésistible de jouer un week end ou tu risques de perdre 9 ou 7 points de cote), est-ce que tu vas y jouer quand même???
Ciao!
Dominick Blanchette
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Non Dominick, la logique fait que plus ta cote monte, moins tu joues localement et donc plus que tu joues hors-Québec si tu veux de nouveaux défis.
Je veux participer au CIQ 2007 en me qualifiant par la cote. Ils prennent la moyenne de cote des 6 derniers numéros d'Échec+. Minimum de 9 parties cotées FQE ? Aussitôt que j'ai 2300 ou plus et mes 9 parties règlementaires, je ne joue plus au Québec jusqu'à l'année suivante!
Ce sont des tournois cotés CFC, (juste pour monter en haut de 2200 pis ne pas avoir d'exemption à demander pour le Canadian Closed 2007) mais surtout FIDE qui m'intéresse maintenant.
Je n'ai pas de plaisir à passer des belles combinaisons à des joueurs nettement plus bas coté que moi.
Je veux participer au CIQ 2007 en me qualifiant par la cote. Ils prennent la moyenne de cote des 6 derniers numéros d'Échec+. Minimum de 9 parties cotées FQE ? Aussitôt que j'ai 2300 ou plus et mes 9 parties règlementaires, je ne joue plus au Québec jusqu'à l'année suivante!
Ce sont des tournois cotés CFC, (juste pour monter en haut de 2200 pis ne pas avoir d'exemption à demander pour le Canadian Closed 2007) mais surtout FIDE qui m'intéresse maintenant.
Je n'ai pas de plaisir à passer des belles combinaisons à des joueurs nettement plus bas coté que moi.
Réjean
