Jean, commençons à régler ce point:
Jean Hébert a écrit :Si tu ne vois pas de concret dans mes questions, c'est que tu ne veux pas le voir. Pour toi (et tu n'est pas le seul) "critique constructive" = louanges. Le reste ce n'est que du chialage.
Je ne pensais pas que tu me connaissais autant Jean... ce n'est pas blanc ou noir mon affaire. Je ne cherche pas de louanges et je ne vois pas une critique comme étant du chialage. Tout est dans le ton que tu emploies. Par exemple, si tu avais amener ton point de la façon suivante:
Jean Hébert aurait pu dire a écrit :L'idée d'assouplir les conditions de jeu en permettant aux joueurs de s'entendre entre eux pour une cadence semble déviée de ce qui se fait ailleurs. Avez-vous pensé à regarder plutôt du côté des clubs qui connaissent des succès de participation dans d'autres pays?
Voilà une critique constructive qui dit tout sans louanges, sans chialage et qui encourage une discussion saine. Je répondrai à cette question un peu plus loin car je crois que c'est l'essentiel de ce que tu reproches à nos efforts.
Jean Hébert a écrit :Tu parles beaucoup de ta "philosophie", mais sans répondre à la question: "où avez-vous pêché l'idée que dans un tournoi on pouvait laisser les joueurs choisir le format de la compétition ? Est-ce que dans les petites ligues de baseball les équipes décident à chaque match du nombre de manches qu'ils ont envie de jouer ? Est-ce que dans les compétitions de fléchettes les joueurs peuvent choisir de lancer 8 fléchettes plutôt que trois ? Où jouer 12 trous plutôt que 18 dans un tournoi de golf ?
Comme tu verras dans la démonstration détaillée plus bas, cette idée sort de notre chapeau.
Mintenant, je trouve que tes exemples tirés des fléchettes, du nombre de manches d'une partie de baseball et des 12 trous au lieu des 18 trous au golf ne tiennent pas (désolé). Nous ne demandons pas aux joueurs de s'entendre sur la position de départ de leur partie (nombre de fléchettes) ou encore de changer le nombre de rondes du tournoi dans lequel ils participent (nombre de manches au baseball... c'est ce que j'ai trouvé de plus pertinent avec ton exemple de baseball... car je trouve que cet exemple n'est pas bon puisqu'il n'y a pas de notion de "temps" dans ce sport). Si tu veux vraiment comparer les échecs avec un autre sport, prend le hockey. Dans le hockey mineur, les "organisateurs" se sont permis de jouer avec le temps imparti pour chacune des périodes. Plus les jeunes avancent et flirtent avec l'élite de ce sport, plus le temps alloué aux périodes augmentent et se rapproche des 20 minutes officielles. À la limite, deux entraîneurs qui auraient le loisir de décider entre eux du nombre de minutes à allouer à chaque période pourrait le faire et je n'y voierais pas d'entrave majeure. Tout dépend des objectifs des entraîneurs. C'est la même chose que nous proposons. C'est encore plus facile pour les échecs puisque la décision implique deux joueurs seulement.
Jean Hébert a écrit :Et tu as déjà les "réfutations" prêtes à l'avance si on parle de modèle qui fonctionne bien et depuis longtemps ailleurs: "Ici (Drummondville) c'est pas pareil..." Qu'ont-ils de si différent les gens de Drummondville ? Ce sont des extra-terrestres avec des tentacules et huit yeux ?
Je n'ai pas de réfutations préparées à l'avance contrairement à ce que tu insinues. Les gens de Drummondville n'ont rien de différents à part le fait qu'il y a seulement 8 à 10 joueurs qui sont intéressés à jouer selon le context "normal" de compétition. Ça ne fait pas un club fort-fort ça...
Jean Hébert a écrit :Nous sommes pourtant d'accord sur un point important: il faut adoucir les tournois avec des cadences plus courtes. Mais de là à faire n'importe quoi il y a une marge. "Innover" ne veut pas dire faire n'importe et tenter n'importe quelle expérience.
J'aimerais vraiment que tu me démontres que de permettre à des joueurs de décider leur cadence est "n'importe quoi". Et STP, trouve-moi des exemples plus solides que les celles que tu as tiré des fléchettes, le baseball ou le golf. Pour me convaincre, il faudra que tu tiennes compte du context et des objectifs que je détaille un peu plus bas. Tu serais surpris de constater à quel point je suis ouvert quand les gens proposent des idées qui peuvent faire avancer ma cause et qui tiennent compte du context!
Jean Hébert a écrit :Toi qui est spécialisé dans l'enseignement des échecs dans le milieu scolaire, as-tu pris le temps d'étudier les différents modèles performants qui existent dans le monde, en Russie, en France, en Suisse, en Angleterre, etc. ? Pourrais-tu expliquer les différences essentielles entre leurs méthodes et la vôtre ? Je parie que non. Tu aimes mieux faire tes propres expériences. Tu te sens plus brillant que tout le monde, et qui sait, peut-être que tu as raison. Je n'ai sans doute pas la capacité d'apprécier un tel génie...
Bon, ici je ne sais pas si tu veux amener le débat sur un autre sujet en parlant du programme d'apprentissage de l'Académie d'échecs. Tu me corrigeras si je me trompe mais je crois que tu soulèves ce point pour essayer de démontrer que nous (en insistant plutôt sur le "je") ne faisons pas de démarches sérieuses avant de lancer ou proposer de nouvelles idées. Eh bien... pour te rassurer, sache que nous avons analysé ce qui se fait ailleurs pour le programme d'aprentissage de l'AÉ. Nous l'avons même "testé" auprès d'autres personnes ou organismes s'impliquant au niveau scolaire (au Canada et dans d'autres pays) qui ont tous trouvé que ce programme d'apprentissage était innovateur et très intéressant.
Maintenant, voici la démarche que nous avons utilisée pour décider entre autre qu'il était bien de proposer aux joueurs qu'il pouvait décider de leur cadence si la cadence suggérée ne convenait pas aux deux joueurs. À noter que d'autres décisions plus importantes ont été prises avec le même context et en voulant suivre les mêmes objectifs.
Déninition du problème:
Le club de Drummondville connaît une baisse de participation dû aux cadre compétitif trop constraignant (cadence, obligstion de noter de parties, etc.).
Objectif du club:
Augmenter la participation des joueurs aux activités du club et faire des efforts pour insciter les joueurs de salon à venir jouer;
Context à DRUMMONDVILLE:
- Aucun joueur (actif) au dessus du niveau d'expert n'est présent dans la région
- La moitiée des joueurs préféreraient jouer sans cadran et ne notent pas leurs parties;
- Les joueurs ne veulent pas dépenser plus de 30$ annuellement pour s'adonner à leur loisir une fois par semaine (en dehors des tournois de fin de semaine);
- Le bassin de joueurs drummondvillois est constitué de joueurs ayant une cote entre 1000 et 1700 (avec une moyenne de 1300);
- Quelques joueurs juniors voudraient participer aux activités du mardi soir.
- De nouveaux joueurs se sont présentés lors des dernières années et ne sont pas revenus;
- La situation de la pratique des échecs au niveau provincial connait une baisse constante depuis plusieurs dizaines d'années;
- Il y a un manque de leadership au niveau de la FQE pour changer le context;
- Le comité du club est composé de personnes bénévoles qui n'ont pas une dizaine d'heures à consacrer à la cause par semaine. Nous devons donc être très efficaces;
En tenant compte de tout ça, il faut ajouter la notion de gros bon sens (quelque chose que j'essaie d'appliquer partout où je peux). Je vais alors répondre à ta question qui demande si nous avons évaluer ce qui se fait ailleurs (dans d'autres clubs et d'autres pays) en tenant compte des points ci-dessus et de la notion de GBS:
- Non, nous n'avons pas fait de recherches pour voir ce qui se fait dans des clubs qui se situent de l'autre côté de l'Atlantique. Cette idée n'est pas ressortis dans nos discussions sûrement parce que le context (défini plus haut) aidé du GBS nous suggéraient de trouver des solutions pratiques et efficaces (voir qui demande le minimum d'implication des bénévoles). Maintenant, je ne dis pas que ta suggestion doit être écartée du revers de la main, mais de passer quelques dizaines d'heures à essayer de trouver comment les autres clubs en Europe fonctionnent dans un context qui est totalement différent du nôtre (plus de joueurs au pied carré, plus de MI au pied carré, longue tradition échiquéenne) n'est pas un bon investissement pour le club de Drummondville. Je crois que cette analyse doit plutôt être réalisée par une initiative de la FQE et de son vice-président au développement (qui s'implique déjà beaucoup et qui est aussi bénévole). Mais soulignons encore une fois que le context dans lequel évolue la FQE n'est pas le même que le context dans lequel évolue la Fédération Française des Échecs.
Voilà pour la réponse à ta question. Maintenant, pour supporter notre décision de laisser les joueurs (qui le veulent) choisir la cadence de leur affrontement, nous avons déduit que puisqu'il est permis de s'entendre sur le résultat d'une partie
sans la jouer en proposant des nulles de salon, pourquoi il serait mal de les laisser s'entendre également sur la cadence de leur partie? Peux-tu m'expliquer ce qu'il y a de si différent entre deux joueurs consentents qui décident de faire une nulle rapide (décider du sort de leur partie sans la jouer) et décider de d'identifier le gagnant (et de jouer) en décidant eux même de leur cadence? Pour nous, le GBS suggère de les laisser décider eux-mêmes s'ils le désirent estimant que ça allait favoriser la participation plutôt que de perdre des joueurs (ce qui correspond à notre objectif). Nous sommes conscients que cette décision ne puisse pas s'appliquer à un club qui favorise la participation de l'élite... et contrairement à ce que tu penses, je ne pense pas posséder la vérité et toutes ces décisions ont été prises en comité.
CQFD
