On m'a bien mal compris.Jean Hébert a écrit :Est-ce qu'on ne pourrait pas dire la même chose de quelqu'un qui consacre sa vie à courir le 100m en moins de dix secondes, ou de quelqu'un qui consacre sa vie à sauter dans l'eau en faisant le moins d'éclaboussures possible ? Pourquoi certains amateurs d'échecs ont-ils cette facilité déconcertante à dévaloriser leur propre passe-temps et par le fait même à se dévaloriser eux-mêmes ?
(Le texte suivant est écrit au masculin dans l'unique but de l'alléger.)
Surement parce que je suis une tête de linotte. Parce que la tête de linotte à Nadeau n'essaie pas de se dévaloriser lui-même ou de dévaloriser le jeu. Il essaie de se mettre dans la peau du parent moyen. Vous savez, celui qui a déjà joué aux échecs une fois ou deux, pour le fun pendant un souper de famille? Celui qui valorise l'excellence sportive, mais pas l'excellence aux échecs. C'est celui-là que j'essaie de comprendre, parce que moi je n'ai pas besoin d'être convaincu du bien fondé des échecs et/ou de l'excellence dans ce domaine, mais celui-là il a besoin de l'être et il faut lui expliquer que son enfant, en devenant un excellent joueur d'échecs, obtiendra la reconnaissance méritée et ne deviendra pas simplement, pour emprunter une expression si chère à Gaëtan Campbell (qui a bien souvent raison, soit dit en passant), un marginal. Ce parent moyen ne voit aucun avantage (i.e. réussite) à devenir un Grand-Maître aux échecs.
Voilà donc la boucle bouclée. Notre société ne valorise pas le jeu d'échecs, ni même l'excellence dans ce domaine, alors qu'elle le fait, même si c'est encore trop peu, pour les sports d'élite: athlétisme, patinage de vitesse, plongeon, hockey, gymnastique, etc.
Sébastien





